Le calvaire de deux ex-acteurs pornos devenus chauffeurs de bus

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C’est Jenny qui nous a montré la vidéo. On y reconnaissait très nettement Sam et Jack, deux de nos chauffeurs de bus scolaire. Si la caméra s’attardait assez peu sur leur visage, préférant une zone plus intime de leur anatomie, il était impossible de ne pas les identifier. Sam, le gros balèze, tatoué de partout, et Jack, le beau gosse, charmeur.

Le titre de la vidéo apparaissait à l’écran : « Cochonnes humiliées ». Nous avons recherché sur internet et rapidement trouvé les deux acteurs : Iron Marc correspondait à Sam. Le nom de scène de Jack était Justin Ass.  Il y avait des dizaines et des dizaines de vidéos de Marc et Justin couchant avec des gamines. Des gamines qui auraient pu avoir notre âge. Peut-être un an ou deux de plus. Des gamines tout juste majeures.

Avec le recul, le plus surprenant reste qu’aucun des lycéens ne se soit plaint à ses parents. La nouvelle a circulé, presque sous le manteau : Sam et Jack, Marc et Justin, Jack et Sam, Justin et Marc, tiens regarde celle-là et celle-là, et ça t’as vu ? Les vidéos étaient des vidéos pornos. Avec toujours le même schéma : une gamine était assise sur un canapé. La gamine avait 18 ou 19 ans en général mais restait une gamine. Et, on dira ce qu’on voudra, elle était consentante, sur le papier. Mais si vous allez voir les vidéos, vous constaterez qu’elle est consentante pour gagner un peu d’argent, pas pour subir ce type de traitement dégradant. Sam et Jack étaient des porcs qui humiliaient, brutalisaient, martyrisaient les gamines assez pauvres et inconscientes pour tomber dans leurs filets.

La première vidéo que Jenny a fait tourner sur son iphone nous a tellement choqués. Même les mecs, même les gros machos qui jouaient aux durs, qui expliquaient qu’une femme doit être soumise ou ce genre de clichés ridicules, même eux n’en sont pas revenus. Aucune fascination comme pour certains acteurs pornos. Aucune admiration. Aucune envie d’être à leur place. Juste du dégoût, un dégoût total et une question : comment peut-on faire ça à un être humain ? Il y en a bien un parmi nous qui a tenté de retourner le problème en demandant « comment peut-on accepter ce genre de pratiques » mais nos regards lui ont fait comprendre que personne ne le suivrait sur ce terrain là.

Cette découverte et ce dégoût communs nous ont soudés. Bien sûr, les femmes étaient touchées de manières différentes, atteintes dans leur corps et leur esprit avec une violence que les hommes ne connaissaient pas. Car ce que nous voyions aurait pu nous arriver, pouvait encore nous arriver. Pouvait nous arriver à tout moment d’ailleurs puisque Sam et Jack conduisaient le car de manière quotidienne. Cette vidéo et les suivantes nous répugnaient tellement, nous dégoutaient tant que, passé le rejet initial, et toujours sans que nous nous concertions réellement, l’envie d’agir a pris le dessus. Et spontanément toujours, comme si nous avions déjà une idée de la nature de notre intervention, sans que qui que ce soit ne l’ait formulée aux autres, nous sommes entrés dans le secret. Le premier rendez-vous a circulé sur snapchat : 14h00 sur le parking abandonné du High Miles Bowling. 14 d’entre nous étaient présents. Les 14 qui iraient jusqu’au bout. Bill et moi avons pris les commandes, spontanément encore. Un homme et une femme, ça paraissait normal. Cohérent. J’ai commencé :

– Vous avez vu ce qu’ils nous font ! Vous avez vu comment ils nous traitent ? Et ils gagnent de l’argent avec. Ils nous violent, nous torturent, nous humilient et ils en vivent pendant que nous en crevons !

Silence de mort, hochements de têtes discrets. Bill a continué :

–  Et nous sommes complices. Si nous ne faisons rien, si nous nous contentons de trouver ça répugnant, de détourner le regard, nous participons. Nous sommes aussi coupables qu’eux. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.

Après cette première réunion, la colère aurait pu retomber, l’apathie prendre le dessus. Que pouvions-nous faire après tout ? Mais un événement a tout accéléré. Jack a dragué l’une d’entre nous. Avec son sourire d’hypocrite, son sourire que nous avions bien vu sur les vidéos, il a expliqué à Jenny qu’elle était toute mignonne aujourd’hui et l’a reluquée, l’a déshabillée de son regard libidineux. Le message était clair : ils allaient recommencer.

Ils semblaient avoir cessé leurs activités dans le porno trois ans avant qu’ils ne commencent leur métier de chauffeur de bus. Leur dernier tournage remontait à cinq ans. Et cela aurait pu jouer dans notre décision de laisser tomber, mais dès qu’il y a eu ce regard, ce commentaire, nous sommes repassés en mode commando. D’autant qu’en cherchant la raison pour laquelle ils avaient arrêté le porno, il apparaissait possible que le suicide d’une gamine trop malmenée en soit la cause.

Nous avons provoqué une nouvelle réunion. Nous aurions pu nous contenter de les dénoncer, ils auraient perdu leur boulot. Mais ils auraient pu recommencer ailleurs. Nous vivons aux Etats-Unis d’Amérique : œil pour œil, dent pour dent. La décision était prise, restait la mise en œuvre : comment amener Sam et Jack là où nous le souhaitions ? Rien de plus simple. Il a suffit que Jenny les chauffe un peu, leur fasse miroiter que « oui, ils allaient prendre du bon temps ».  Deux jours plus tard, elle avait rendez-vous avec eux. Chez elle, mais avec nous. Les 14.

Vers 20h00, on a frappé, Jenny est allée ouvrir. Elle habitait une grande maison, avec un jardin gigantesque entouré d’un mur d’enceinte. Pas un château fort mais presque. Les deux porcs étaient entrés en voiture à l’intérieur du parc. Nous avions convenu de leur laisser une dernière chance. S’ils se comportaient en gentlemen, allez savoir, peut-être serions-nous cléments. Mais nos 14 cerveaux fonctionnaient à plein régime, comme connectés. Et dès qu’ils ont franchi la porte, nous avons senti, tout cachés que nous étions, que cela se passerait mal.

Jenny leur a dit bonjour, en souriant vulgairement, et les deux porcs y sont allés directement de leurs commentaires déplacés : « T’es chaude toi, hein ? ». Jenny a rigolé, gloussé.

« T’es du genre à aimer être bousculée, non ?  » Elle a répondu « non », fermement, et c’est le moment que Jack a choisi pour la prendre par le cou et serrer. Pendant que Sam commençait à la tripoter. Jennie a dit « Non, laissez-moi » et Jack lui a mis une claque : « Allez, on les connait les petites putes dans ton genre. Mais rassure-toi, on a ce qu’il faut pour toi ». Quatre d’entre nous étaient planqués au niveau de la porte. Nous somme sortis pendant que l’un d’entre nous envoyait un snap aux autres planqués dans la cuisine pour leur dire de rappliquer.

Vous auriez vu leur gueule. Quand ils ont cru qu’on était quatre, ils ont souri, pensant sûrement qu’ils pouvaient prendre le meilleur sur des gamins. Leur sourire était abject. Mais quand les huit autres sont arrivés, le sourire a  disparu. Et comme tous les lâches, ils ont commencé à négocier :

– « Wow, wow, qu’est-ce qui se passe là ? » a dit Jack qui venait de lâcher Jenny.

Nous n’avons pas répondu. Ils ont remarqué les battes de base-ball.

–  Attendez les gamins, qu’est-ce qui vous prend ? C’est nous ! Sam, Jack. Vos chauffeurs.

Un coup de batte dans les genoux plus tard et nous étions sur eux. Menottés, bâillonnés en moins de 30 secondes les deux pourris.

La nuit qui a suivi, de 20h00 jusqu’à 8h00 du matin, me laisse un goût amer. On dit que la vengeance est un plat qui se mange froid, mais la vérité  c’est que la vengeance est un shot qui ne dure qu’un instant. Une fois que vous avez votre dose, vous cherchez, comme pour une drogue, à retrouver le moment magique de la première prise. Mais ce moment n’existe plus. Et plus vous vous acharnez, plus le sentiment de dégoût de soi monte. Je ne peux pas dire que je regrette, aucun de nous n’a vraiment regretté, et ça nous a coûté cher au tribunal parce que cela se voyait.

La batte de base-ball dans l’anus, les brûlures de cigarettes, les coups, les humiliations, tout a perdu de son sens quelques secondes après. Nous avons obligé Sam à sucer Jack, Jack à sucer Sam, sur le même mode brutal qu’ils utilisaient. Nous avons même cru que Sam allait s’étouffer. Nous avons forcé Sam à sodomiser Jack et réciproquement en les insultant, les frappant. Nous leur avons uriné dessus, craché dessus. Leur calvaire a duré douze heures. Douze longues heures. Des heures interminables pour eux qui sont passées comme un flash pour nous. Un flash de haine. Je me souviens que nous leur faisions la morale : « Tu recommenceras plus, hein ? », « Tu vas les respecter les femmes maintenant, ordure ? ».

Nous voulions les faire souffrir et nous avons réussi. Ces types étaient des nuisibles qui devaient être mis hors d’état de nuire. Ils ont perdu leur boulot, ont des séquelles à vie et c’est tant mieux.

Avant de rendre la sentence, le juge nous a demandé si nous n’avions pas le sentiment de nous être abaissés, rabaissés dans ces actions. Après un long silence, j’ai parlé pour nous tous :

– Ces types étaient des limaces, des vers de terre, il fallait bien se baisser pour les atteindre.

La réalité ?

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